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Vous êtes ici : » Vie municipale   » Inauguration du nouveau choeur de l'église : intervention du maire de Pénestin

Monsieur le vicaire général,

Mesdames et messieurs bonjour.

Merci M. le recteur de me permettre  ce propos dans ce lieu auquel se rattachent des souvenirs émus.

«  Objets inanimés avez-vous donc une âme  qui s’attache à notre âme et nous force d’aimer ».

Avec ce vers de Lamartine nous pénétrons un univers insondable peuplé d’évocations, de sensibilité, d’images, de souvenirs.

Ils nous lient aux monuments qui font partie de notre quotidien.  

L’incendie qui a ravagé Notre Dame de Paris a tracé une onde de choc  dans nos univers culturels.

Ils sont les produits de nos histoires humaines  largement dépendantes de nos imaginaires, de nos traditions, de nos valeurs.

Ils nous conduisent à  opérer un décryptage de nos racines.

Un raccourci  d’opportunités nous permet d’en évoquer quelques-unes.

Penchons-nous avec mansuétude sur nos passés !

A la sortie des relations de tribus parfois rudes et sauvages  les  cultures celtes et  bretonnes  se sont épanouies.  

Des souches se sont créées.

Les Gaulois, les Romains, les Goths y ont introduit des modes de vie,  des croyances.

Un monde s’est  ensuite construit  sur ces bases et au travers de grands idéaux  dont la chrétienté  a géré les clefs.

Les pays ont annoncé des déclinaisons républicaines  ou autres.

La constitution de patries les a complétées.  

En intégrant les contextes individuels, familiaux, sociaux qui guident nos conduites, force est bien de constater les variétés ou les diversités culturelles.

Il convient cependant de considérer l’existence de certains grands principes qui nous réunissent.

Ils émergent du temps.

Ces quelques  mots traduisent l’Esprit qui nous guide dans l’émotionnel.

C’est  sans doute l’âme qui nous amène à transcender l’objet lui-même  en en évoquant l’esprit c’est-à-dire le sens.

Au travers des émotions qui se sont accumulées au cours du temps historique (j’oserais  dire archéologique), se profilent nos représentations

Cet incendie à réactivé les liens qui, consciemment et objectivement mais aussi inconsciemment et symboliquement, nous rattachent à Notre Dame de Paris.

Il a  cristallisé nos sensibilités à toutes les symboliques présentes dans ce vers de Lamartine :

« Objets inanimés avez-vous donc une âme  qui s’attache à notre âme et nous force d’aimer. »

La poésie a, entre autres et au-delà des mots, la vertu de nous faire appréhender analogiquement le cœur de l’expression.

Les modes de discours présents laissent un large espace à la métaphore.

Alors filons cette métaphore.

Tout d’abord revenons à cette cérémonie.

Elle nous réunit, nous rassemble.

Elle nous met en partage, j’oserai dire en communion, dans cette église dont le projet voit le jour en 1878.

Le maitre d’œuvre de cette réalisation, Jean Cousard, a fait souche à Penestin.  Ses descendants y sont toujours présents.

Il impose (choix  cornélien) la démolition de celle située sur le terrain que l’on appelle ancien cimetière. 

D’ores et déjà anciens et modernes discutent. A la demande des habitants  1767 avait vu la création d’une identité Penestinoise avec la création d’une paroisse.

Les paroles et les arguments pour ou contre s’enflamment

Elle fera la place en 1789 à une commune.

Les identités se crispent et réagissent.

Les écrits sur les périodes antérieures  à 1789 restent  modestes. Ils sont, pour une part, disparus.

Depuis 2013, la commune et l’association  paroissiale ont publié deux ouvrages. 

Ils font état, chacun en ce qui le concerne, de l’attachement  pour les symboles qui forment « l’âme » de cette église ou plutôt cette communauté depuis des siècles.

Des noms, et surtout des histoires d’hommes, de femmes de lieux, d’événements parfois heureux ou tragiques émaillent ces récits, je vous conseille de les relire.

Pour ma part  je voudrais  accompagner  nos esprits, en un mot nos âmes vers ce qui, depuis  la nuit des temps, a rythmé notre vie.

Ainsi :

     -- l’angélus qui « sonne tinte et meurt dans le ciel rose et pâle » de notre petit pays.

     -- Les cloches issues des souscriptions des habitants  nous rappellent encore les évènements qui nous inscrivent dans des histoires individuelles qui appartiennent à notre passé collectif et social. 

     -- Les familles  se sont constituées  au travers de cérémonies de mariages, de baptême, de communion et malheureusement de sépultures.

Elles émaillent nos vies et participent à notre patrimoine humain

 De grands événements se sont déroulés  dans ces murs et nos cloches ont  rappelé les joies des victoires ou de la liberté retrouvées. 

Ces possibles itinéraires nous interpellent sur ce qui fait notre identité culturelle.

 Celle-ci  résulte de l’amalgame de vécus individuels et collectifs qui s’inscrivent, dépassent ou s’imposent  à nos esprits.

Ils forment la trame  de notre imaginaire collectif,  pétri de traditions, de convenances et de respect de l’autre, intégrant des avancées, des résistances et des vicissitudes.

Le religieux et le sacré, porteurs d’entraide, de charité, de respect de l’autre y ont largement contribué.

Le temps a stratifié son ossature, sa charpente  et  l’exprime  comme  la culture.

Il convient d’avancer plus avant dans cette  métaphore.

S’y aventurer  conduit à s’interroger sur de nouvelles valeurs  et énoncer de nouvelles racines.

Nous  n’irons pas plus loin dans cette direction.

Elle profile toutes les questions de l’intégration du nouveau au révolutionnaire, celles de la dynamique du changement.

L’attachement que nous avons pour nos monuments, notre patrimoine collectif, nous conduit à envisager ces passages culturels avec humilité et assurance.

Avec Edouard Herriot, rappelons-nous que : « La culture ( au-delà de la connaissance)  c’est qui reste quand on a tout  oublié ».

Ce qui fait le sens, l’éthique, la morale ou le 3ème degré de l’interprétation du  réel.

Ceci relève de l’intention

Nous arrivons dans le temps où il faut « retomber sur terre » et s’occuper du plancher  dont le lustre reflétait l’image des femmes courbées sous la tâche. L’odeur de la cire d’abeille flotte encore dans l’air.

Les ans en avaient rongé le bois. Il s’effondrait et des mesures de sauvegarde s’imposaient.

Avant de passer la main à mon ami Michel Bauchet, permettez-moi de vous rappeler quelques éléments, parfois hérissant, d’une histoire, encore vivace pour certains, des rapports entre l’Eglise et l’Etat .

C’est  la loi de 1905  qui nous permet aujourd’hui d’intervenir avec des fonds publics dans ces rénovations.

Ainsi depuis 1995, nous avons pu, entre autres, nous intéresser aux vitraux, au clocher et aux cloches, au chauffage, à l’électricité.

Les travaux auxquels l’équipe de Michel a apporté sa compétence et son énergie et dont on le félicite, ont été programmés en 2011.

Il vous racontera leurs aléas.

La transformation opérée pour que la pierre remplace le bois permettra à notre édifice, fruit de notre culture communément partagée, de résister au ravage du temps

Pour ma part, je vous remercie de votre attention et participe dans ces temps perturbés, à ce message d’espérance de Pâques pour l’avenir de notre patrimoine culturel et éthique.

 

                          Jean-Claude Baudrais

                                                         Maire de Pénestin


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